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Comment apaiser votre relation au temps

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par Ilhem Oubarah

Vous n’avez pas assez de 24 heures pour tout faire et vous vous demandez comment être plus productive et surtout ne rien lâcher? Autant vous le dire tout de suite, je n’ai pas la formule magique pour rallonger les journées ou vous donner des supers pouvoirs et je ne vais pas vous proposer de système de gestion du temps, non plus.

 

Vous êtes déçue, je sais. Mais j’ai une bonne raison. Attendez un peu, je m’explique.

“Je n’ai pas le temps” doit être la phrase que j’ai le plus répétée depuis que j’ai eu la folle idée d’avoir un deuxième métier. Dans mes grands jours, on peut me voir savamment orchester chaque milliseconde de ma journée et optimiser les multi-tâches, formuler dans ma cuisine-labo en vociférant des instructions à mon fils qui fait ses devoirs dans la pièce à côté, rentrer de ma journée de travail pour entamer ma deuxième journée de travail. Sans compter qu’il faut aussi faire le chauffeur, être coach de vie et j’en passe. Dois-je parler des tâches ménagères?!

 

Comme vous, je n’ai pas le temps. Mais je me soigne, car si c’est vrai que j’aime avoir plusieurs vies, j’aimerais justement les vivre, pas les traverser en pilotage automatique mode Super Woman sans les supers pouvoirs.

 

Donc, pas de système ingénieux à vous détailler ici (même s’ils sont utiles pour être plus productive) parce-que vous voyez, je suis convaincue qu’on peut utiliser un très bon système de gestion du temps pour la très mauvaise raison de vouloir tirer un peu plus sur la ficelle et qu’il vaut mieux d’abord travailler sur sa relation au temps si on veut vraiment mettre en place une organisation durable.

 

C’est pourquoi j’ai choisi de partager avec vous 2 pistes de réflexion plutôt qu’un système d’organisation. Je suis une incorrigible bavarde, mais finalement, vous verrez que tout tient en 2 questions et 2 affirmations.

 

Passer du temps Newtonien au temps Einsteinien.

 

Le Grand Bond est le premier ouvrage qui m’a ouvert les yeux sur ma relation au temps (et bien d’autres choses mais ce n’est pas le sujet). Gay Hendricks y consacre un chapitre entier au temps. Par opposition au temps Newtonien qui est une denrée dont nous avons toujours peur de manquer, il développe sa théorie du temps Einsteinien qui se résume ainsi:

 

“c’est de vous que vient le temps”

 

Pour passer en temps Einsteinien, il faut commencer par prêter attention et relever chaque fois que nous pensons ou exprimons une plainte par rapport au temps. En ce qui me concerne, j’ai vite arrêté de compter mais ça faisait beaucoup! Autant de plaintes, autant de fois où nous nous percevons comme des victimes. Ensuite, on se met à la diète. Plus de plainte. Si on veut gérer son temps, il vaudrait mieux se voir comme le boss, non?! En plus, ça évite de dire “je n’ai pas le temps” au lieu de “je n’ai pas envie” et ça évite de finir par y croire.

 

Sa théorie est que puisque nous sommes à l’origine du temps, nous avons le pouvoir d’en créer autant que nous en avons besoin. Attention, il ne s’agit pas de prendre le temps mais bien de le créer. L’idée, c’est de choisir consciemment les espaces temps que vous voulez créer dans votre journée. Quand vous accordez du temps à quelqu’un ou quelque-chose, soyez conscient(e) que c’est vous qui avez décidé de le créer pour cette personne ou cette tâche.

 

Je vous entends d’ici : “ben oui, on priorise quoi!” Pas vraiment. Prioriser, ça veut dire que vous faites une liste de tout ce que vous avez à faire, vous commencez par le plus urgent et vous essayez d’en faire un maximum dans le temps qui vous est imparti. Vous avez créé des tâches, pas du temps. Et vous recommencez le lendemain avec ce que vous n’avez pas eu le temps de faire (ha!) + ce qui vient s’ajouter ce jour-là. Créer du temps, ça veut dire que vous débranchez le pilote automatique et que vous faites consciemment des choix de vie.

Gay Hendricks promet que c’est facile à mettre en place et sur le principe, oui. Dans la réalité, ce n’est pas si simple. On se laisse vite rattraper par le temps Newtonien et on se surprend vite à penser/dire: “oui, mais je n’ai pas le temps” ou “oui, mais je n’ai pas le choix”. Finalement, c’est pareil – on se destine à subir.

Quand je dérape et que je me sens à nouveau submergée, je me pose ces 2 questions de Gay Hendricks:

Quand est-ce que je ne prends pas pleine possession de ma vie?

De quel aspect de ma vie dois-je prendre pleine possession?

Elles ne règlent pas tout miraculeusement mais elles aident à prendre conscience de comment on vit son présent et à faire de nouveaux choix.

 

Accepter sa vulnérabilité

Je n’ose pas vous présenter Brené Brown, vous la connaissez sûrement si vous vivez dans un pays anglo-saxon. On ne la connaît pas ou peu en France, alors je résume quand-même ce que j’ai compris de son travail sur la vulnérabilité. C’est un peu rapide mais disons que nous nous savons vulnérables, nous nous protégeons pour ne pas souffrir et en nous protégeant, nous éteignons notre flamme. Pour être heureux, il va falloir arrêter de se protéger. Pour arrêter de se protéger, il va falloir changer de perspective et ne plus voir notre vulnérabilité comme une faiblesse mais comme notre force vitale. C’est précisément elle qui a le pouvoir de nous rendre heureux et c’est notre courage à accepter d’être vulnérable qui est la clé.

 

Qu’est-ce que ça a à voir avec le temps? Beaucoup. Ce qui a conduit Brené Brown à ses conclusions, c’est que ceux qu’elle appelle les “wholehearted”, ceux qui vivent de tout leur coeur, ceux qui connaissent la joie de vivre, ceux-là embrassent pleinement leur vulnérabilité et la reconnaissent comme étant source de leur bonheur. Son travail sur la vulnérabilité nous ramène à nous, au sentiment qu’on a que nous, avec nos imperfections et nos limitations, nous ne sommes peut-être pas assez. Et si c’était après après ça qu’on court : suffire? Plus qu’après le temps. Il ne faudrait quand-même pas s’épuiser à vouloir être parfaite pour être sûre d’être quelqu’un…

 

Enfin, et c’est là l’essentiel finalement, rappelez-vous chaque fois que vous n’avez pas réussi à faire tout ce que vous deviez faire que:

 

« Ce que j’arrive à accomplir ou ce qui reste inachevé n’a pas d’importance – en fin de compte, je suffis. » Brené Brown

 

Pour conclure (enfin), j’ai juste envie de vous dire qu’il n’y a rien de mal à travailler dur mais que ce n’est pas votre sang ni vos larmes qui donnent de la valeur à votre travail, c’est votre coeur et votre joie.

 

A votre succès!

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